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MÉDITATION SUR DES POSSIBLES

Février 2017

, par l’incongru


Inutile d’en faire la démonstration, leurs sectaires s’en chargent très bien eux-mêmes, religions, vieux topiques, coutumes et traditions, traditionalismes et idéologies sans exception aucune, ne visent qu’un seul but et n’ont qu’un seul principe : l’exploitation de l’être et sa soumission par son extraction de la réalité. Car il est évident que si l’Homme projette raisonnablement un regard critique sur les choses de ce monde ou se surprend à rêver de la transgression des tropismes, il devient inopportun voire dangereux pour le système d’exploitation ourdi par les talentueux dominants du moment et compromet fortement la pérennité des coteries ainsi que des chapelles qui les abritent. Le mensonge est donc l’arme principale et son maniement s’apprend dans les écoles qui lui sont dédiées. Mais l’espèce humaine possède intrinsèquement un handicap commun qui pèse lourd sur le cours de son évolution et ce malgré toutes les différences apparentes. La nature ne produit pas d’inégalités et il n’y a donc pas à la naissance des gènes sociaux distribués de manière plus ou moins favorable, les uns à des bourreaux, les autres à des victimes car chacun porte en soi la capacité ou le désir d’asservir son autre.

Et tel est le drame !

Pourtant il eut été possible qu’il en soit autrement. Il eut été possible que les yeux des Hommes s’ouvrent sous des cieux moins cruels, que leur choix soit de vivre sous de meilleurs auspices afin que l’arc en ciel ne soit pas précédé inéluctablement d’une pluie d’orage. Ceux des plus « fidèles » qui suivent l’incongru de longue date, et ils sont nombreux sans aucun doute, savent que chacune de ces phalanges opportunistes de l’humanité fut passée en son temps sous les fourches caudines de ses délires irrévérencieux et fut ainsi toisée à la hauteur de son forfait. Mais c’est promis, puisque la nature humaine est incorrigible sur le sujet, nous n’y reviendrons plus ou alors avant longtemps. Voici donc les mots de la fin. Car si nous souffrons de voir par exemple, et ce malgré toutes les invitations à la méfiance, la persistance du désordre causé par la religion du Capital et sa procession de doux rêveurs sinistrés toujours en quête de poudre, de miroirs scintillants et autres pampilles agissant en ravageurs à tous les niveaux de la société, nous constatons aussi notre impuissance à y mettre un terme. Sur le même registre, nous observons l’invariabilité du discours philanthropique des religions de paix qui pourtant déroulent sur le monde leur linceul mortifère gorgé de leur obsession sanguinaire. Le culte voué aux religions monothéistes, celle du Capital n’y est pas étrangère, a conduit l’humanité dans l’impasse dont nous percevons aujourd’hui les limites. Il est certes possible d’envisager sérieusement que leur disparition soit imminente mais à l’échelle du temps cela demandera encore un certain délai. Car leur effet négatif sur les relations humaines est d’autant plus efficace que la croyance ou même l’opinion se commettent dans un culte, c’est-à-dire qu’elles entament à ce moment un processus de destruction par le rejet de la mixité sociale. Les utopistes qui pensent encore que tout va s’arranger avec le temps et qu’il suffit d’éduquer devraient se retourner pour s’apercevoir de la difficulté avec laquelle un pays laïque a peiné et peine encore à imposer des règles universelles face à la réclame d’exclusion et d’interdits qui sont les fondements mêmes de ces mondes ésotériques peuplés de millénaristes inquiétants mystérieusement gardiens d’éternité.

Les idéologies, qu’elles soient théologiques, philosophiques, économiques ou politiques, possèdent toutes sous des aspects pacificateurs, bienfaiteurs ou émancipateurs les dessous affriolants d’une faucheuse aiguillonnant la folie meurtrière des Hommes qui ont la fragilité intellectuelle d’abandonner leur liberté de pensée au profit d’un hypothétique soulagement des angoisses existentielles. Les exemples sont légion qui témoignent de l’engouement des êtres humains pour ce type de fonctionnement castrateur. On ne compte plus le temps perdu dans les chapelles de la théologie, de la finance ou de la politique en quête d’un bonheur illusoire ou d’un réconfort bien approximatif. Totalement absorbé par les promesses de ces temples idéologiques l’être humain se prive, non seulement d’un temps précieux qu’il pourrait consacrer aux plaisirs de vivre et à jouir de l’instant présent, mais aussi de sa liberté d’en dessiner les contours. Nous en sommes donc réduits, au risque de se répéter mais uniquement afin de comprendre le pourquoi de tels renoncements, à nous replonger dans la lecture du « Discours de la Servitude Volontaire » constatant avec effroi que toute religiosité au sens large, sans modération de la société civile conduit l’individu au fanatisme et au sectarisme. Car le domaine ne souffre pas de demi-mesures et la simple identification à une communauté, une nation ou tout autre foyer maladif ne contient pas suffisamment de dogmatisme pour répondre à la névrose mystique où le fidèle se fourvoie en tentant de trouver le dieu qui donne puis devient un sens à sa vie. Il convient d’y ajouter de la substance et de la mascarade. Vous voyez ce que je veux dire... Alors il faut s’y résoudre, si en quelques endroits nous détectons la subsistance ou l’émergence de bribes de rêves et de fragments d’humanité, la majeure partie du globe terrestre est peuplée d’individus peu fréquentables et dont le renouvellement fait figure de postulat. Inutile donc de s’épancher en circonvolutions sur la description du phénomène car la quantité et la qualité des informations qui nous parviennent ou nous sont accessibles aujourd’hui permettent de faire un constat qui donne parfois le tournis à un point tel que l’on soupçonne qu’il va falloir détricoter l’ensemble pour espérer reconstruire, un jour. Qui plus est la haine ou simplement la méfiance nourries à l’égard de ces mondes de folie meurtrière mènent elles-mêmes les individus les plus éclairés vers des comportements extrêmes, voire à la névrose obsessionnelle collective comme un ultime soubresaut d’une société exsangue.

Quant aux maigres acquis de dignité arrachés par les femmes et les hommes au cours d’une histoire baignant dans leur sang, ils s’évaporeront au même rythme que l’apathie qui ronge notre liberté. Nos pâles démocraties sont au fil du temps devenues des réservoirs féconds au sein desquels ont pris racine quelques fondamentalistes de tout acabit qui s’exercent promptement au maniement de la terreur et des larmes. Et si vous pensez, parce que c’est la saison des enfers, que l’incongru vise une communauté particulière, c’est que vous n’avez pas bien lu ce qui précède et pris conscience de la sensation paramnésique qui s’empare de nous chaque fois que s’élève un mur ou un rideau de fer. Alors… après l’ire il nous faut lire dans le poème à mon goût le plus triste, le plus intime mais aussi le plus revigorant, Maupassant ou peut-être Shakespeare, non tout simplement où Aragon écrivait :

« Il y a quelque chose de pourri dans cette vie humaine

Quelque chose par quoi l’esprit voit se rétrécir son domaine

L’on ne sait de quel côté se tourner pour chasser ce tourment… »

http://www.wikipoemes.com/poemes/louis-aragon/le-mot-vie.php

Article en cours de rédaction... L’incongru recherche un collaborateur correcteur en emploi fictif : forte rémunération. En attendant la suite, une petite musique...

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