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L’INCONGRU DÉJOUE LA SENTINELLE DE MÉDIAPART

Août 2013

, par l’incongru


Pendant la trêve estivale Edwy Plenel en a profité pour lancer un appel qui resta sans écho certes mais suffisamment hypocrite pour ne pas échapper à la vigilance de l’incongru. En clair, voici l’objet du délit :

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Les valeurs Plenel en clair. Télécharger le document.

Pour M. Valls :

« Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme »

A. Camus

Pour E. Plenel :

Cet élan du cœur est émouvant voire séduisant et ne peut susciter que l’adhésion. Sauf qu’à trop vouloir servir l’histoire et le devoir de mémoire, le risque de manquer de clairvoyance s’allie à l’amalgame hâtif. Même si la technique d’endoctrinement est rodée, il est faux par exemple d’affirmer que les juifs ont été exterminés pour des raisons religieuses. La politique, dans le sens de la gestion de la cité, qui consisterait sous prétexte de l’existence d’un islam modéré à introduire de l’islamisme dans les rouages de la société est vouée à l’échec. L’islam et ses musulmans demeureront toujours conformes à toute religion et veulent d’abord imposer leurs règles et convertir les populations. On appelle cela le prosélytisme et les religions ne lésinent pas sur les moyens à employer pour arriver à leurs fins.

En ce sens, cet article joue à la fois de la perfidie et du manichéisme, car en tablant sur des considérations ou des évènements sur lesquels tout le monde ou à peu près s’accorde, il maintient le lecteur dans le choix d’un soutien inconditionnel à une cause qui lui serait fatale ou d’un sentiment de culpabilité lié à son intolérance. Le devoir de mémoire devrait aussi être activé pour nous rappeler que les jours sombres des religions ont mis en scène des adeptes réputés bienfaiteurs de l’humanité et que l’on sait aujourd’hui ce qu’il est advenu de la tolérance à leur égard.

La diversité humaine n’est pas compatible avec la volonté d’uniformisation religieuse et la parole laïque est la seule voix qui doit s’élever au dessus des querelles sans jamais laisser imaginer qu’elle est une religion parmi les autres. Que celles-ci s’en accommodent ou pas, la société pluraliste se doit d’offrir la liberté de culte sans s’offrir corps et âme à la dérive sectaire. Si aujourd’hui la laïcité n’est plus une guerre, elle demeure une résistance quotidienne face à la menace d’abandon religieux dans lequel bon nombre de convertis se fourvoient. L’Europe a pratiquement canalisé le christianisme et ses menaces de châtiments ou de mort. La crainte de la renaissance d’une religion qui s’appuierait sur des leviers identiques est juste. Notre société est clairvoyante et ne souhaite pas revivre le sinistre temps des culpabilisations. Stigmatiser ainsi ceux qui refusent de renoncer à la vie est ridicule, même si c’est émouvant. L’islam politique comme la démocratie chrétienne contient en son sein une volonté sous-jacente de légiférer au profit de principes rétrogrades. On voit par exemple le jeu de la CDU allemande et son antienne des trois « K ». En France, les religions de tout poil à l’origine du mouvement contre le mariage pour tous nous ont tellement obligés à sortir de nos gonds que les plus ardents défenseurs de la cause n’étaient autres que ceux qui en d’autres temps conspuaient le mariage. Après Sarkozy et son empreinte indélébile façonnée à coup de haine sociale et de manœuvres douteuses, c’était une nouvelle fois l’image de la patrie des droits de l’Homme écornée par les intégrismes. Les quelques tièdes frémissements progressistes, qui à la lueur d’un souci d’égalité laissaient entrevoir une société plus généreuse dans son rapport à l’autre, se voyaient compromis par la démission des uns et l’arrogance de quelques grenouilles de bénitier reçues en grandes pompes à l’Élysée.

Alors, lire ou relire Platon et Le Banquet, si jouissif et déjà précurseur du mariage gay, devient urgent quand on apprend que l’année 2012 en France ne fut pas seulement marquée par la révélation que 87% des jeunes de la région PACA ne savent pas ce qu’est une betterave mais par une augmentation de plus de 30% des violences homophobes recensées. Dés lors le sentiment général de vivre dans un pays de libertés et de tolérance confère à la société un équilibre, on le voit, bien précaire. Les lecteurs d’Edwy Plenel savent très bien faire la distinction entre l’islam réduit au terrorisme et à l’intégrisme et l’islam en tant que culture étrangère au sein d’une société laïque. L’exception de l’islam déclenche les passions certes mais non sans raison et au même titre qu’une autre religion le provoquerait. Et Edwy Plenel d’oublier qu’en France, le cortège de souffrances accompagne et encadre les séances de prières et de déclarations de bonnes intentions. Il oublie de citer la place de la femme complémentaire et les menaces qui pèsent sur les minorités au sein de cette religion. Dans le secret des foyers, derrière les fenêtres fermées se jouent des drames comme la culpabilisation pour ceux qui refusent le ramadan ou la prière, le mariage forcés des filles et des garçons avec des inconnus, l’esclavage sexuel des jeunes gays dans les caves des cités. Il est aisé de pérorer dans ces débats édulcorés lorsqu’en coulisses le silence couvre les cris des vies volées, puis violées pour finalement être voilées. La campagne menée en France contre les juifs au début du XXème siècle et dont Émile Zola nous en fournit le descriptif n’a rien à voir avec la religion mais avec un peuple qui était censé incarner une menace contre l’argent et le pouvoir alors même qu’il ne revendiquait pas le pouvoir politique en tant qu’entité religieuse. Or l’histoire des amalgames hâtifs fabriqués sur les musulmans repose sur des craintes plus profondes de voir des années de lutte pour le salut des minorités s’envoler en fumée. C’est de cela dont il faut débattre avec les musulmans. Certes, les autres confessions ne sont pas en reste mais l’actuelle crispation de la communauté musulmane est aussi une réalité et la question reste en suspend de savoir si le regain de xénophobie dont elle est victime en est la cause ou la conséquence. Stigmatiser ainsi la religion musulmane n’est évidemment ni sérieux, ni suffisant, car c’est l’ensemble des sectes, qu’elles soient édifiées en religion ou pas, qui menace notre désir d’être et notre liberté. La religion, dans sa dimension communautaire élargie ne survit que par la démission sociale et physique des êtres. La jouissance, si décriée dans le monde religieux, n’est pas un artefact qui servirait de métronome à notre désir de vivre libre. Par sa soif intrinsèque de métissage elle sert l’altérité, renforce l’idée que le rythme est dans la distorsion, l’évolution dans la diversité. On peut ainsi mesurer l’essor d’une civilisation dans son acceptation des différences. Prisonniers de notre servitude volontaire et malgré le fait que nous soyons conscients que rien ne peut se construire durablement sans le consentement éclairé des individus qu’ils soient seuls ou en groupes, nous continuons à bâtir des organisations où seules des notions comme la religion, la patrie, la nation, la terre ou le sang sont des références impliquant la contrainte ou le renoncement.

« Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d’un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de « prêtres » crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’Islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies. »

(Mustapha Kemal Atatürk)

Votre cause est entendue Monsieur Plenel autant que celle de Monsieur Valls, mais l’une comme l’autre ne me satisfont pas car elles nous prennent pour des cons. L’incongru se répète certes, mais pour rétablir les équilibres cela était nécessaire semble t-il !


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